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dimanche 25 septembre 2022

(Entretien avec Philippe Chanteloup)

Pendant plus de dix ans, Patrick Gofman, vous avez distribué vos « billets d’humeur » à la presse patriotique… Pourquoi ? Comment ?

D’abord par le fait de la secte trotsko-lambertiste ! Croyez-le si vous voulez… Elle ordonnait à ses adeptes, dont je fus de 1967 à 1979, de se tenir au courant journellement du point de vue de ses principaux ennemis : la bourgeoisie avec Le Monde et « l’appareil stalinien » avec L’Humanité. L’une comme l’autre régalaient leurs lecteurs de brefs « billets d’humeur » souvent bien tournés. Robert Escarpit (1918-2000), « proche du Parti communiste français », sévissait à la une du quotidien Le Monde de 1949 à 1979. André Wurmser (1899-1984), adhérent du PCF, objectait : « Mais… » à la une du quotidien L’Humanité chaque jour que Staline faisait, de 1954 à 1984. Trente ans chacun.

On devine que vous fûtes plus sensible à la forme qu’au fond de ces billets…

En effet ! Spirituelle et percutante, elle était mise en valeur par la logorrhée lugubre, interminable, du reste de ces journaux. « Faites chiant », commandait le maître du Monde, Beuve-Méry, à son personnel. Je rêvais d’en faire profiter la maigre presse du bureaucrate trotskiste Boussel alias Lambert, et dix ans durant je m’obstinai à lui envoyer mes billets, qu’elle classait verticalement, toujours. Cinquante ans après, une mûre réflexion a conduit l’hebdomadaire Informations ouvrières (organe de la moitié droite de la secte scissionnée en 2015) à publier une brève humeur en dernière page…

Que le Diable les patafiole ! Mais venons-en à une décennie plus fructueuse…

Certes, la presse patriotique s’est montrée beaucoup plus accueillante. Je n’oublie pas que Le Choc du mois m’a donné deux pages dans son premier numéro (1987), pour exposer librement comment je virais ma cuti. Ensuite pour m’entretenir avec Patrick Besson, Edouard Limonov, le putschiste soviétique Ianaev. Notre bonne presse m’a employé aussi dans mon métier de correcteur. Ce fut le cas au quotidien Le Français, de 1994 à 1995, qui publiait mes « humeurs » signées Knout quand elles lui plaisaient. J’étais autorisé à signer de mon vrai nom mes humeurs à l’hebdomadaire Minute de 2000 à 2002, puis au Libre Journal décadaire de † Serge de Beketch (2002-2017).

Tous ces billets ont été regroupés dès 2005 par Dualpha…

Oui. Même quelques inédits. La 2e édition est réalisée à présent, 2021, sous l’étendard de Déterna. En espérant que les-moins-de-vingt-ans veuillent bien me connaître !

Diverses droites, Patrick Gofman, Déterna, 2e édition, 232 p., 24 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.



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