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mardi 15 février 2011

La revanche de Gofman


Patrick Gofman avait livré en novembre à Nouvelles de France une réflexion comme lui seul en a le secret sur le féminisme. A l'occasion de la sortie de la 2ème édition de son dernier livre "Vengeances de Femmes", l'écrivain a bien voulu répondre à nos questions.

Pourquoi une seconde édition de "Vengeances de Femmes" ? Est-ce dû à une forte hausse de ces vengeances ces derniers mois, à une demande du public, de votre éditrice ?


La véritable explication est pire encore. Je travaille (à temps partiel) sur “Vengeances de Femmes” depuis plus de 30 ans. Quand après 100 refus je l’ai proposé à Benoît Mancheron (Ed. Equilatéral) en 2009, j’avais 30 anecdotes prêtes. J’en voulais 50. Mais Mancheron a préféré publier immédiatement un maigre volume. De plus, son association avec Antoine Cucurullo a vite éclaté. Equilatéral disparu, la promotion de “Vengeances de Femmes” 1 en panne, j’ai cherché un autre éditeur. Ce fut, merveille, une éditrice ! Sabine Bénichou, de L’Atelier Fol’Fer, m’a encouragé à écrire 20 histoires de plus. Et elle a éliminé les illustrations agressives de la première édition, remplacées par un tableau — d’une femme, Artemisia Gentileschi ! — de la Renaissance… Merci, Mesdames.


En quoi la vengeance d'une femme est-elle différente de celle d'un homme ?


C’est Nietzsche qui vous répond : “En amour et dans la vengeance, la femme est plus barbare que l’homme.” 


Allez-vous nous préparer "Vengeances d'hommes", parité oblige, pour soigner/ménager votre lectorat féminin ?


J’ai en cuisine “Eros et Thanatos sont dans un bateau”, roman noir de la vengeance insensée, sanglante, d’un homme fou d’amour. Le manuscrit est chez un éditeur de Quimper qui m’a promis de le lire “dans 11 mois” (sic) ! Et je viens d’offrir à Thibaut de Chassey, de la Librairie française en ligne, d’en faire un livre électronique à 3 €.

Que pensez-vous de la femme libérée, carriériste, cadre sup' à La Défense, carnassière et seule, désespérément seule ? Faut-il voir dans son attitude une revanche ?



Revanche pour le macho, oui ! Savez-vous qu’il y a aujourd’hui en France 14 millions de célibataires pour 27 millions d’actifs ? Ajoutez-y 3,8 millions de “couples non-cohabitants”, et vous trouvez une majorité absolue, écrasante, de solitaires des deux sexes. J’en suis. Et j’ai une raison, une seule, de m’en affliger. Mille raisons de m’en féliciter. Tandis que les femmes seules, pour la plupart, se désespèrent et regrettent de les avoir cassées à l’homme qui les aimait. Trop tard ! Dégage !


Vengeances de femmes, Atelier Fol'Fer, 2011.

3 commentaires:

  1. ... et oui, et même quand on n'est pas aimé, il faut les chouchouter...

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  2. Erratum :
    On n'est pas aimé...
    Philomène n'est pas aimée...

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